| vendredi 17 juillet 2009 |
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VISITE DU PRÉSIDENT OBAMA EN AFRIQUE L’aide à l’Afrique subordonnée à la bonne gouvernance
Barack Obama et son épouse Michelle avaient été accueillis le vendredi 10 juillet dernier, à l’aé-roport Kotoka d’Accra, en provenance d’Italie où se tenait le G8, par le président John Atta-Mills. Le couple tenait chacun par la main une de ses deux filles, Malia et Sasha, 10 et 8 ans, à la descente d’avion. Sur le tarmac ils ont eu droit à des danses au son des tambours traditionnels ashantis. La sécurité a eu une petite frayeur quand le prési-dent et sa famille se sont rap-prochés des danseurs de façon impromptue.
Durant son séjour à Accra, Barack Obama, premier président noir des États-Unis, a salué la vitalité de la démocratie au Ghana, premier pays d’Afrique noire qu’il visite depuis son entrée en fonction, lors d’une rencontre avec son homologue John Atta-Mills.
Pour son premier déplace-ment en Afrique noire, le prési-dent Obama a choisi ce petit pays anglophone ouest-africain en raison de son bilan démocratique qui contraste singulièrement avec la situation générale sur le continent, où les élections frauduleuses et violentes sont monnaie courante. Le président américain voulait aussi symboliquement enchaîner le sommet du G8 par un voyage en Afrique avant de rentrer à Washington pour bien montrer que «l’Afrique est directement connectée à notre politique étrangère».
Accueilli au «château» (le palais présidentiel) par une impressionnante garde d’honneur en tuniques rouges et 21 coups de canon, le président américain a pris le petit-déjeuner avec le pré-sident Atta-Mills et ses deux pré-décesseurs, John Kufuor et Jerry Rawlings. Tout un symbole de cette démocratie ouest-africaine qu’a tenu à montrer en exemple Barack Obama en se rendant dans ce pays, première ex-colonie d’Afrique noir à avoir obtenu l’indépendance en 1957. «J’admire le Ghana, je suis heureux de son parcours démocratique, continuez sur cette voie!», a-t-il déclaré après ses entretiens avec John Atta-Mills en promettant des relations bilatérales «encore plus profondes». «Le pays tout entier est heureux de vous recevoir pour célébrer ensemble notre succès comme modèle de démocratie en Afrique. Nous allons redoubler d’efforts sur cette voie», lui a ré-pondu John Atta-Mills.
Autour du «château», des centaines de personnes étaient massées depuis l’aube dans l’espoir d’apercevoir quelques instants le président américain. Certains brandissaient des pancartes où on pouvait lire «Obama tu es le vrai fils de l’Afrique, on t’aime».
Dans la foule, Ama Agyeman, une femme de 80 ans clouée dans un fauteuil roulant poussé par son petit-fils de 10 ans, expliquait: «je veux voir le premier président noir d’Amérique avant de mourir», a rapporté l’AFP.
Barack Obama, descendant d’un immigrant kényan, semble aussi particulièrement préoccupé par l’agriculture sur ce continent qui a été frappé par de nombreuses famines. Le samedi 11 juillet, après avoir visité un hôpital d’Accra spécialisé dans la lutte contre le paludisme et soutenu fi-nancièrement par les Etats-Unis, Obama et son épouse devaient se rendre au Fort esclavagiste de Cape Coast, témoignage de la tragédie que constitua la traite négrière pour l’Afrique. Le prési-dent devait s’exprimer dans cette imposante bâtisse tournée vers la mer et d’où des milliers d’Africains partirent vers l’Europe, l’Amérique et les Caraïbes pour un voyage sans retour.
Obama devant les parlementaires ghanéens
Devant le Parlement gha-néen, Obama a appelé l’Afrique à prendre en main son destin, en combattant les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie et en l’assurant du soutien américain dans cette tâ-che. Il a ravivé le slogan de sa campagne électorale: «Yes, you can», avant d’appeler les Africains à ne plus justifier la situation d’un continent plein de «promesses» par le colonialisme. Obama a rappelé qu’il s’était engagé à «accroître sensiblement» l’aide américaine au continent noir, «ce qui est dans l’intérêt de l’Afrique et de l’Amérique». Mais cette aide doit être subordonnée à la bonne gouvernance dans les pays as-sistés, a-t-il dit. «Aucun pays ne va créer de richesses si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir eux-mêmes», selon lui. Mahamadou Diallo
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