| jeudi 8 octobre 2009 |
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RAPPORT 2009 SUR L’IDH Le Niger classé encore dernier
Le rapport des Nations Unies sur l’indice de développement humain (IDH) 2009 a livré son secret le 5 octobre dernier. Mais ce contenu n’est certainement pas pour plaire aux autorités ni-gériennes qui pensent avoir fait des efforts considérables ces dernières années pour améliorer les indicateurs socioéconomiques du pays. Et pour cause, le Niger reprend sa place de dernier dans le document après l’avoir cédé pendant quelques temps.
Les données ayant servi à l’élaboration du rapport sont de 2007. Cette précision est importante. Elle apporte un éclairage indispensable sur le contexte. Depuis 2000, le Niger a renoué avec la stabilité sociopolitique ayant permis aux autorités politiques de mettre en œuvre une batterie de politiques de développement dont le fameux programme spécial du président Tandja dédié au monde rural qui se trouve être le plus affecté par la pauvreté.
L’année de référence pour l’élaboration du rapport n’est donc pas marquée par une crise majeure quelconque de nature à pénaliser le Niger dans le classement. Les classes, cases de santé, les mini barrages et les retenus d’eau ainsi que les crédits féminins permettant d’atténuer la pauvreté des populations rurales ont été multipliés ces dernières années ; la production de données statistiques s’est aussi accrue.
Malgré tout, la sentence du PNUD et là , sans appel : le Niger est encore dernier sur 182 pays alignés, soit un recul de neuf points, derrière l’Afghanistan et la Sierra Leone. En tête de classement viennent successivement la Norvège, l’Australie et l’Islande. Le Canada se positionne 4eet la France 8e.
Le rapport prend en compte un certain nombre d’agrégats parmi lesquels le taux de pauvreté du pays, l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation, le produit intérieur brut, le taux de croissance, etc. D’après le rapport, des efforts considérables doivent encore être faits pour améliorer la situation de ces agrégats au Niger.
Le revenu annuel par tête d’habitant est d’environ 600 dollars US au Niger contre un peu plus de 53.000 pour la Norvège, 29.000 pour le Bahreïn, 1334 pour la Ghana et 1969 pour le Nigéria. Un autre indicateur, le taux d’alphabétisation est encore très faible au Niger. Il est de 28% alors que le Nigéria voisin a dépassé le cap des 50 %, le Cap Vert les 60 % et le Gabon les 80 %.
La situation monétaire des Nigériens n’est pas non plus reluisante en dépit de l’intensification du volet crédits féminin du programme spécial, visant à sortir justement le monde rural de la pauvreté généralisée.
Selon le rapport, environ 85 % de la population nigérienne vit sous le seuil de pauvreté (2 dollars/jour). La proportion est de 75 % au Bénin, 69 % au Togo et 60 % au Sénégal. Au niveau de tant d’autres indicateurs, la situation du Niger reste à désirer.
Ce mauvais classement du Niger suscite des interrogations, notamment sur les données statistiques fournies par le pays et celles recueillies par les techniciens des Nations Unies.
Ces dix dernières années les autorités se sont investies dans la production de statistiques qui font ressortir des progrès notoires dans tous les secteurs d’activité.
Doit-on conclure que ces statistiques ne reflètent pas la réalité ? La polémique est relancée.
O. Issa
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