| vendredi 13 novembre 2009 |
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CRISE POLITIQUE
Au moyen âge, le Roi avait un personnage dans sa Cour qui osait dire toutes les sottises possibles et inimaginables. Il les disait au nom du Roi pour dispenser celui-ci de descendre si bas. Ce personnage s'appelait le fou du Roi. Aujourd'hui, à l'évidence, Nouhou Arzika joue ce rôle auprès de Tandja. En effet, il n’a pas attendu longtemps avant de dire ce qu’on savait presque : la non négociation. Le coordonnateur du mouvement patriotique pour la défense du peuple et de la République, Nouhou Arzika, a animé un point de presse, le mardi 10 novembre, au lendemain de la rencontre entre le médiateur de la Cedeao et une délégation des partisans de la 6è République à Abuja. Comme un leitmotiv, Nouhou a annoncé qu’il n'y aura pas de négociations puisqu’il considère qu’il n'y a pas de crise politique au Niger Pendant que des officiels évoquent la nécessité de dialoguer, les Nouhou prennent leur contre-pied Avec le régime de la refondation, ce sont les informels qui traduisent le mieux les pensées profondes du chef suprême Mamadou Tandja. Ne vous fiez pas aux propos des officiels, ils ne parlent que pour le public. Ce que Nouhou dit c’est ça qui est officiel. Nous vous proposons ci-dessous les propos tenus par Nouhou Arzika lors de son point de presse. Considérez ces propos comme ceux de Tandja.
« Bonjour chers amis de la presse. Ce jour 10 novembre 2009, nous avons souhaité organiser ce point de presse pour partager avec vous un certain nombre d’informations sur la situation telle qu’elle se développe dans notre pays relativement à la situation politique globale. Comme vous le savez, depuis quelques temps, notre pays est victime d’une cabale injuste avec la complicité active de certains de nos compatriotes félons du fait du choix souverain de notre peuple d’engager le processus de la refondation de la République en toute conscience et en toute responsabilité dans le but de se donner une nouvelle voie plus démocratique et respectueuse de nos valeurs de civilisation et notre identité culturelle. Par rapport à ce choix souverain de notre peuple, il y a eu des réactions négatives sur la base d’un certain nombre de fausses informations et d’une manœuvre savamment orchestrée d’intoxication pour tenter d’amener notre pays à reconsidérer le choix que nous avons été amenés à faire.
La stratégie de ceux qui se sont donné cette mission de trahison nationale a consisté durant toute la période où notre peuple était en train justement de se donner la voie, ils ont pris armes et bagages et ils ont choisi de circuler un peu partout, au niveau de la communauté internationale, dans certains couloirs pour traîner un certain nombre de fausses informations qu’ils ont rassemblées dans un document qu’ils ont appelé mémorandum et que c’est dans ce document qu’il y a eu toutes les contrevérités qui ont été développées pour pratiquement réduire ce que le Niger avec l’écrasante majorité de Nigériens avons été amenés à faire. Alors ils ont tenté de mobiliser leurs coteries et leurs amitiés. Ces coteries et ces amitiés qui sont pour l’essentiel des commis dans certaines institutions telles que la Cedeao, ils ont tenté au niveau de l’Union africaine, quelques amitiés au niveau de l’Union européenne pour croire que avec ça, ça va leur permettre d’avoir désormais un soutien qui va les amener à obliger notre peuple à accepter de reconsidérer le choix que nous avons fait c’est-à -d ire celui de l’avènement de la 6è République et la volonté redoutable que nous avons exprimée de nous engager dans le processus de la refondation de la République. Alors sur la foi des analyses grotesques et de ces analyses erronées, ils ont été amenés à faire en sorte que certaines institutions comme la Cedeao ait été amenés à prendre la décision qui a consisté à suspendre notre pays des instances de la Cedeao en application de l’article 45 du protocole additionnel relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance au niveau de l’espace Cedeao. Sur la base de ces mesures ils ont été amenés à prendre un acte additionnel qu’on a fait prendre à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement le 17 octobre. A et espérer voir s’engager le processus de la refondation de la République dans notre pays. Et justement nous avons été hier à la rencontre du médiateur à Abuja, nous avons largement échangé avec lui et nous avons été amenés à expliquer au mé-diateur l’ensemble de tout ceux qui ont constitué les raisons fondamentales qui ont amené l’ensemble des acteurs que nous sommes à plaider pour l’avènement de la 6è République, à exiger et obtenu de la part du président de la République l’acceptation du principe de création des conditions qui allaient rendre possible la satisfaction des aspirations de ces larges masses populaires qui étaient intéressées à voir la 6è République se faire dans notre pays et que nous nous donnons les moyens de faire en sorte que nous prenions désormais en charge notre destin. Il n y a pas de négociations qui tiennent, qui soient celles qui doivent déboucher sur la remise en cause de la 6è République. La 6è République est déjà là . Il n y a pas de négociations qui tiennent qui vont déboucher sur la remise en cause des élections législatives qui ont été faites et dont les résultats définitifs vont se savoir incessamment parce que du point de vue de la loi, la Cour constitutionnelle a 15 jours pour valider et nous sommes pratiquement dans les dernières heures de ce délai, si c’est pas aujourd’hui ce sera demain. For-cément, la Cour est obligée dans ces délais de rendre son arrêt pour valider le scrutin qui a été fait le 20 octobre passé.
Pour nous, il faut que ce soit très clair dans l’esprit de tout le monde. Ce qui a pu se passer dans notre pays, il s’est passé en vertu de la volonté exprimée par notre peuple. Et le 4 août, il y a eu bel et bien référendum dans ce pays ; le 20 octobre, il y a eu bel et bien les élections législatives. On n’a empêché à personne de participer au référendum pour dire Non et on n’a empêché à personne de participer aux élections législatives pour se faire élire. Il n y a pas d’arrangement possible qui doit pouvoir se faire sur ça. Maintenant pour ce qui doit être la suite, pour les Nigériens, s’ils respectent la légalité républicaine telle qu’elle est aujourd’hui sous l’empire de la 6è République, alors dans ces conditions ils ont toutes leurs places aux côtés des autres frères nigériens. Mais si les gens continuent à dire qu’ils sont dans la 5è République, ça veut dire qu’ils sont dans une position de rébellion contre la 6è République, contre la volonté du peuple, alors dans ces conditions nous ne voyons pas quel type de discussions, quel type de dialogue va pouvoir se faire avec des gens qui ont choisi de ne pas accepter ce que le peuple dans sa grande majorité a voulu. Et nous avons réussi à démontrer que si la démocratie est par essence l’expression de la volonté du peuple, et le cadre au travers duquel le peuple s’exprime, le peuple réussit à être dans la position de donner son point de vue, alors dans ces conditions il faut que chacun de nous se convainc que ce qui s’est passé au Niger, il s’est passé régulièrement en vertu des dispositions léga-les et constitutionnelles. Les discussions que les uns et les autres ont voulu nous traîner pour parler du cheminement juridique et vouloir remettre la souveraineté du peuple en essayant de chercher à vouloir tirer sur des dispositions parfois qu’ils ne comprennent même pas ou qu’ils ignorent. Ça parce que nous l’avons vu et nous le disons en toute modestie et en toute responsabilité. Pendant que les uns et les autres avaient émis leur avis, ils ignoraient jusqu'à la loi qui dé-termine les conditions pour recourir au référendum, notamment la loi N°2004-O46 du 16 juin 2004 qui a bel et bien prévu en son article 5 que le référendum est obligatoire en matière d’adoption de la Constitution. Le peuple nigérien ne renoncera jamais à ses ambitions et à ses choix. Le peuple nigérien ne renoncera jamais à ce qui constitue la voie de son salut. La voie dans laquelle nous y sommes reste et demeure la voie du salut pour notre peuple. L’Histoire permettra de le savoir, l’Histoire permettra de juger. Nous avons été amenés dans le cadre de ces échanges à nous poser un certain nombre de questions pour lesquelles nous avons souhaité avoir des réponses. Nous nous sommes interrogés de savoir comment comprendre tout ce branle-bas de combat d’arrière garde de ceux qui ont peur de l’arbitrage du peuple. Comment comprendre qu’en démocratie, on s’arcboute sur une position qui vise à nier au peuple son droit à exprimer ses choix et à se donner une voie qu’il aura choisie. Comment comprendre que l’on veuille enfermer le peuple pour l’éternité dans une voie dont le bilan est jugé négatif et sur laquelle le risque est grand de s’embourber à jamais. Comment comprendre que l’on fasse un mauvais procès à un peuple qui a pris conscience de tous les enjeux de l’heure et s’est décidé en toute responsabilité de se refaire une nouvelle voie plus démocratique et mieux à même de résoudre ses préoccupations et ses attentes. Comment comprendre que ceux qui n’ont rien de démocratique dans leur démarche veuillent jouer aux censeurs des actes d’un peuple qui a fait ses preuves sur le plan des avancées démocratiques, et dont le niveau de conscience citoyenne et démocratique demeure sans pareil aujourd’hui en Afrique ?
Tout le monde est d’accord, tout le monde est conscient que ce qui se passe aujourd’hui du point de vue des règles du jeu démocratique dans notre pays c’est nulle part ailleurs. Dans tous les pays de la Cedeao et les 52 autres pays de l’Afrique, il n'y a nulle part en Afrique ou au monde où on voit ce qui se passe. Dans quel pays au monde il y a ce qu’il y a ici ? Quelqu’un n’a qu’à aller au Burkina faire, ou au Nigeria faire ce qu’on fait au Niger. Vous le savez, dans certains propos tenus par certaines personnes, c’est des propos à l’excès, c’est des excès inconsidérés. Dans combien de pays africains il y a ce que nous avons ici en termes de dispositif médiatique où les médias se créent comme ça et évoluent même sans papier, je dis bien sans papier ? A l’heure où je vous parle tous les médias que nous avons ici, pour l’essentiel c’est des médias sans papier. Il n'y a aucun média privé qui a signé une convention d’exploitation régulière conformément à la loi pour être dans la position de faire son travail. Mais pourtant ça se fait, ça fait combien d’années que ça se fait. Tout en sachant que c’est même irrégulier, ça continue à se faire. Et qu’on vienne nous dire qu’il n'y a pas ceci ou cela au Niger.
Aujourd’hui des voix s’élèvent pour dire qu’il n'y a pas de démocratie au Niger. Des gens qui ne sont pas capables d’avoir même le 1/10è vont aujourd’hui avoir la possibilité de parler de ça. Et ça nous a amenés à nous interroger : comment dès lors accepter cette supercherie et cette escroquerie morale doublée d’hypocrisie et de complicité qui veut que les bons actes soient considérés comme mauvais et les pires des actes les meilleurs ? Il n y a aucun Nigérien à mon avis qui a le droit de travailler à saper les efforts que nous sommes en train d’enregistrer. Les autres nous envient. Beaucoup de pays africains nous envient. Nous devons consolider ça. Ils disent que si le gouvernement refuse de négocier avec eux, voilà les stratégies qu’ils entendent mettre en œuvre : publication dans les journaux privés et à travers des K7 vidéo, traduction en langues, intensification des interviews sur les presses privées nationales et internationales, mise en circulation des tracts prenant à partie le président de la République et ses amis politiques au plan interne et externe ; les mêmes tracts que vous avez vus, acte 1, acte 2, ils sont à acte 16 . Ils font des tracts pour insulter les gens.
Ça fait partie des stratégies de la CFDR. Ils croient qu’en faisant de l’intoxication, ils vont être dans la position de saper le moral des gens et de créer les conditions pour qu’on puisse revenir à la 5è République. C’est faux. La 5è République c’est terminé. (Applaudissements). Il faut que chacun se convainque. C’est terminé. Les élections que nous avons faites pour les législatives, ceux qui sont candidats, les résultats vont se savoir et l’Assemblée installée.
Autre action qu’ils vont faire, dans les prochains jours, si on refuse, ils vont innover dans l’organisation des différentes manifestations. On les attend. Ils disent qu’ils vont organiser des manifestations dans la capitale et les chefs lieux des régions. Ils n’ont qu’à organiser, on va voir. Ils disent qu’ils vont faire des opérations ville morte et des grèves générales, ils n’ont qu’à faire.
Il n'y a aucun problème. Que les gens ne se trompent pas. Ceux qui ont mal interprété la lettre de l’Union européenne qui invite le gouvernement du Niger à des consultations en vue d’échanger sur la situation pour connaître les faits, dans la procédure ils ont besoin de discuter avec la partie nigérienne.
Et les gens sont là en train de dire qu’on a donné un ultimatum pour trouver un consensus avec les gens de la CFDR. Le processus de la refondation de la Ré-publique est irréversible (applaudissements). Justement dans nos ambitions par rapport à la refondation c’est de ne plus être dépendants de ceux qui vont nous donner des aides. Parce qu’ils nous donnent des aides, ils vont nous dicter y compris la manière dont on doit manger, la manière dont on doit vivre dans nos familles avec nos enfants…
C’est grave qu’un Nigérien, un digne fils de ce pays, n’ait pas la fierté que c’est le moment où on doit créer la situation d’être nous-mêmes ».
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