| vendredi 18 mai 2007 |
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JOURNÉE NATIONALE DE LA FEMME. Bouter la précarité !
Le 13 mai dernier, les nigériennes ont commémoré le 16e anniversaire de leur journée nationale. En effet, le 13 mai 1991, elles étaient plusieurs centaines à battre le pavé pour exiger plus de places à la commission nationale préparatoire à la conférence nationale (CNPCN). Elle avaient pris d’assaut le siège de la CNPCN au Ministère des Affaires Etrangères. Leur détermination à défendre leurs droits de citoyennes a été payante : tous lâchent du lest en reconnaissant au passage la justesse de leur revendication. Il y eut plus de femmes à la CNPCN puis à la conférence nationale souveraine qui s’est ouverte le 29 juillet 1991, non pas pour faire de la figuration mais en tant qu’ac-trices conscientes des enjeux liés à la lutte pour la démocratisation de la vie publique. Le gouvernement de transition, issu de la conférence nationale souveraine, a eu la belle initiative de graver la journée du 13 mai comme un événement de portée nationale qui mérite d’être cé-lébré.
Le 13 mai dernier, les femmes n’ont pas raté l’occasion. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant, qui a placé cette journée sous le thème, «Rôle et statut de la femme dans l’économie», a organisé une manifestation au Palais des Congrès de Niamey. Le thème est d’une grande pertinence. Même si le temps est derrière nous où les femmes sont laissées sur le bord de la route lorsqu’il s’agit de mener des activités économiques génératrices des revenus : elles sont dans les champs, les entreprises, l’administration publique, ou même chefs d’entreprises.
A côté de celles-ci, il y a tant d’autres femmes qui sont véritablement sur la paille. C’est le cas de ces femmes vieillies par la précarité, qu’on rencontre dans toutes les rues de Niamey. On les appelle Tagalakoyes. Leur activité : vente du sable et de graviers. A peine, leur activité leur rapporte 100 à 250 FCFA par jour. Elles dorment dans la rue, parce que sans abri (Voir Le Républicain N°765 du 22 mars 2007).
C’est à ces femmes démunies et abandonnées que la fédération des groupements féminins Naney, présidée par Mme Rabi Hima Yankori, a pensé le 13 mai dernier. Elles sont une centaine à être encadrées par Naney, qui entend les organiser en groupements pour mener des activités génératrices de revenus. D’ores et déjà , l’ONG Aquadev s’est mis en par-tenariat avec Naney pour accorder des micro-crédits aux Tagalakoyes. Une cé-rémonie pleine de chaleur a même été organisée le 13 mai, à la maison de la culture Diado Sékou de Niamey qui a fait salle comble.
C’est le 15 avril 2006 que Naney a officiellement lancé ses activités. Elle s’est déjà illustrée dans des dons de semences et engrais à Koria Haoussa, des vaccins anti-méningite à Boubon, de produits divers aux femmes fistuleuses, aux dé-tenues de la prison civile de Niamey. La fédération accompagne déjà des femmes bororos et des handicapées pour se soustraire de la précarité et de la mendicité. Naney qui transcende les clivages d’ap-partenance partisane entend déjà trouver des abris aux Tagalakoyes, pour mieux les humaniser.
Oumarou Keïta
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