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"On ne fait pas seulement de secours, il y a aussi le développement durable"
M. DIDI HOUESSOU, REPRÉSENTANT-RÉSIDANT INTÉRIMAIRE DE L'IRD AU NIGER
Créée en 1998 à Arlington, dans l'Etat de Virginie (Etats Unis) par Docteur Arthur Keys, International Relief and Development (I.R.D) est une organisation non gouvernementale qui œuvre dans l'humanitaire. Elle est présente dans 40 pays du monde dont 13 en Afrique. Il s'agit de l'Ethiopie, du Kenya, du Soudan, de la Zambie, du Zimbabwé, du Swaziland, de la Mozambique, de la Mauritanie, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Tchad et du Niger. L'I.R.D a démarré ses activités dans notre pays en 2005, et couvre actuellement la majeure partie du territoire. Elle emploie 5.000 personnes de par le monde, pour apporter aide et assistance aux personnes vulnérables, un objectif cher à son fondateur. Pour faire connaître à l'opinion cette ONG américaine de bienfaisance, nous nous sommes entretenus avec M. Didi Houessou, son représentant-résidant intérimaire au Niger et Directeur régional des finances Afrique.
Le Républicain : Quelle est la mission principale de l'International Relief and Development (IRD) au Niger ?
M. Didi Houessou : Merci de cette opportunité que nous offre Le Républi-cain pour faire connaître nos activités depuis notre installation il y a aujourd'hui 7 ans. La mission de l'I.R.D, de manière générale, c'est d'améliorer les conditions de vie des couches les plus vulnérables que ça soit au Niger, dans les pays du Sahel et même sur le continent. C'est une ONG créée pour réduire les souffrances des populations les plus dému-nies, en apportant le minimum dont elles ont besoin pour une vie décente. Vous le savez, l'Afrique malheureusement est un continent frappé de plein fouet par certaines calamités dont la famine ou les maladies et qui a besoin du soutien des ONG qui œuvrent dans l'humanitaire comme l'I.R.D. C'est la raison pour laquelle nous sommes présents sur le continent et particulièrement au Niger.
Depuis 2005, l'I.R.D est présente au Niger. Durant ces 7 ans, qu'avez-vous fait comme interventions concrètes ?
Au cours de ces 7 ans, International Relief and Development a eu un parte-nariat avec certaines entités des Nations Unies notamment le Programme alimentaire mondiale (P.A.M), le Fond des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) dans le domaine de la nutrition et de la santé de la mère et de l'enfant. Nous apportons un soutien important, surtout aux enfants victimes de la malnutrition dans plusieurs régions du pays. Notre contribution est très significative dans ce domaine là . Nous avons aussi un projet très important avec le gouvernement nigé-rien, financé par la Banque Mondiale dans l'économie et l'agriculture. Le Niger, comme vous le savez, est le plus grand importateur d'oignon dans la sous-région. Ce projet là a pour objectif donc d'améliorer non seulement la qualité de produits agricoles, mais aussi de soutenir la vente de ces produits en dehors du Niger. Nous sommes très ravis d'être l'un des partenaires à bénéficier de cette chance, celle d'aider les Nigériens dans l'amélioration de leur économie.
Quelles sont vos zones d'interventions dans le pays dans le domaine de l'humanitaire ?
Nous sommes présents actuellement à Agadez, à Zinder, à Tahoua, à Ouallam et à Abalak. Et dans les prochains jours, nous comptons nous installer aussi dans la zone nord Tillabéry en raison, comme vous le savez, de la présence massive des refugiés maliens en terre nigérienne. Nous souhaitons pouvoir intervenir très rapidement, comme nous l'avions fait dans certains pays du continent au moment opportun, afin de soulager la souffrance que ces refugiés maliens sont en train d'endurer. Nous sommes déjà intervenus en Ethiopie, au Tchad. Par exemple, la population du nord Somalie, pour cause de famine, a quitté sa zone pour se réfugier dans le sud Ethiopie. L'I.R.D était le 1er à intervenir pour secourir ces populations vulnérables, notamment en leur apportant et en distribuant de l'eau par des citernes quotidiennement, et cela pendant des mois. Nous ne pouvons rester insensibles face à ce genre de difficultés. Au Tchad, nous avions apporté des aides, que ça soit en matière de santé ou de nutrition, aux enfants des réfugiés déplacés en provenance du Soudan, précisément dans la région de Lassounga. L'IRD a laissé des traces au Tchad, qui ont fait d'elle l'organisation humanitaire la plus importante dans l'Est de ce pays.
Nous intervenons généralement dans les pays ou zones où il y a des crises, des catastrophes naturelles ou des guerres. Nous intervenons dans des lieux où peu d'ONG sont présentes. C'est ça qui fait la différence de l'I.R.D avec les autres organisations humanitaires. Nous partons même dans des endroits difficiles d'accès, c'est le cas de l'Afghanistan. Et nous sommes tout le temps au premier plan en matière des premiers secours d'urgence, auprès des populations en difficultés.
Vous avez beaucoup parlé de refugiés. Comment l'IRD entend-elle mener ses interventions au profit des déplacés de guerre maliens au Niger ?
Pour l'instant, en ce moment où je vous parle, nous ne sommes pas encore sur ce terrain. Mais au niveau du siège, aux Etats-Unis, des stratégies sont en train d'être montées pour voir dans quelles conditions nous pouvons intervenir rapidement, surtout par la mobilisation des fonds nécessaires, connaissant l'importance de cette présence des refugiés maliens dans une période de crise au Niger. Il n'y a pas que ceux du Nord Tillabéry, il y en a d'autres à l'intérieur du Mali même et de la Mauritanie. Toute cette bande Sahélo-saharienne est touchée par le fléau.
L'I.R.D ne restera pas les mains croisées et assister impuissante face à un tel désastre. Quelque chose est en train d'être fait en ce moment même, nous allons intervenir le plutôt possible ; nous allons apporter toute l'aide nécessaire à ces refugiés maliens qui sont sur le territoire nigérien. Et même les Nigériens qui les ont accueillis ne seront pas oubliés. L'essentiel pour nous, c'est d'al-léger les souffrances des plus démunis.
Le Niger a aussi ses propres pro-blèmes comme la crise alimentaire qui touche toutes les régions. Qu'est-ce-que l'I.R.D a fait sur ce terrain ?
Nous n'avions pas eu à faire des interventions urgentes ces derniers mois. Mais il y a déjà des sites connus dans lesquels nous travaillons. C'est au niveau de ces sites que nous continuons de dé-ployer l'essentiel de nos efforts. Mais comme vous le dites, des nouveaux sites verront bientôt le jour, face à l'ampleur de cette situation de crise alimentaire, en fonction des besoins urgents. Notre objectif est de couvrir l'ensemble du territoire national, d'être plus présents pour le bien-être de toute la population. Il y a beaucoup de choses à faire, et nous sommes très satisfaits du soutien sans faille du gouvernement dans toutes nos actions. Avec les efforts que nous déployons ajoutés à ceux des autres organisations non gouvernementales sur place, nous pouvons, j'en suis persuadé, apporter un grand soutien aux populations nécessiteuses.
Peut-on s'attendre à des actions concrètes de votre part dans les mois à venir pour juguler cette crise alimentaire ?
Bien sur ! Le fait même que je sois ici au Niger, c'est pour évaluer en réalité la situation humanitaire du pays, re-censé tous les besoins urgents et même à moyen et long terme pour les soumettre aux responsables au siège. Une fois l'évaluation finie et présentée, nos responsables prendront rapidement les mesures qu'il faut pour mettre à la disposition des populations le maximum d'aide humanitaire en fonction des besoins qu'elles ont eu à exprimer.
L'important, c'est d'avoir quelqu'un sur place et c'est justement l'objet de ma présence ici à Niamey pour faire le point régulièrement en fonction de l'évo-lution de la situation. J'envoie un rapport au siège, lequel l'examine rapidement. Sur ce point, pas d'inquiétudes, nous sommes là pour aider le Niger au cas où l'on exprime le besoin.
Est-ce qu'on peut avoir une idée précise des réalisations faites jusqu'ici par l'I.R.D au Niger ?
C'est une très bonne question. Si on parvient à sortir un enfant dans un état de malnutrition vers une situation normale, c'est déjà une réalisation. L'I.R.D a sauvé dans ce genre de situation des milliers d'enfants au Niger qui ont eu des meilleures conditions de santé grâce au partenariat I.R.D-P.A.M. Autre chose, l'I.R.D a réalisé beaucoup de choses de durable au seul profit des populations concernées, afin qu'elles soient en mesure de se prendre en charge plus tard. On ne fait pas seulement de secours, il y a aussi le développement durable.
Comment se portent les relations entre l'I.R.D et le gouvernement ?
Les relations entre l'I.R.D et les auto-rités nigériennes ont été de tout temps excellentes. L'état nous a toujours soutenus, en nous facilitant la tâche dans le cadre de nos activités. Je me réjouis énormément de la confiance que nous accorde le gouvernement et je pense qu'on ne peut espérer mieux. Leur soutien a été incontestablement important dans la mission que nous menons actuellement au Niger.
Je fonde l'espoir que notre présence sera encore plus fructueuse à l'avenir. De tous les pays du continent où nous intervenons, le Niger reste celui où l'I.R.D se sent toujours dans des conditions de travail très bonnes.
Mon ambition aujourd'hui, c'est une meilleure implantation de l'I.R.D au Niger ; nous voulons être plus proches des plus démunis, répondre à chaque fois à leur demande. Nous sommes pour cette même population, surtout du monde rural. Il s'agit pour nous de bouter hors du Niger la malnutrition ou toute autre situation de détresse.
Propos recueillis par Ousmane Keita
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