|
LIBÉRATION D'OTAGES L'activisme payant du Burkina Faso
C'est indéniable. Le Burkina Faso du président Blaise Compaoré ne facilite plus seulement le recherche de solutions aux conflits politiques et armés qui surgissent de façon récurrente sur le continent africain et principalement dans l'espace CEDEAO (Communauté économi-que des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ; il s'est aussi positionné depuis quelque temps comme facilitateur attitré dans la libération d'otages européens détenus par des groupes terroristes qui sévis-sent ces dernières années dans la bande sahélo-saharienne.
En atteste le coup réussi, la semaine dernière, par ses médiateurs qui sont parvenus à faire libérer trois touristes occidentaux (deux Espagnols et une Italienne) détenus par les groupes islamis-tes contrôlant le nord du territoire malien depuis plusieurs mois. Il n'y a pas si longtemps encore, une autre Italienne recouvrait aussi sa liberté après une éprouvante détention en Libye grâce aux bons offices du président Blaise. Toutes les négociations secrètes menées jusqu'ici dans ce sens sont couronnées de succès ; les négociateurs burkinabè parviennent toujours à tirer les otages de l'obscurité et de l'angoisse dans lesquelles ils se retrouvaient plongés pour les ramener à la lumière et à la civilisation.
C'est un point de plus de gagner pour le Burkina Faso, même si l'on sait que les groupes terroristes ne libèrent pas leurs otages pour les beaux yeux des négociateurs ; il y a toujours et forcé-ment une contrepartie. Ou les ravisseurs exigent le versement d'une grosse ran-çon, ou bien la libération de quelques uns de leurs militants en situation de détention dans des pays. Mais ce n'est jamais gratuit.
Pour le coup réussi de jeudi dernier, en dehors du versement de rançon, il est aussi question de "libération d'otages contre libération de prisonniers", selon les négociateurs burkinabé.
Les trois Européens auraient recou-vré leur liberté en échange de la libération de trois militants du groupe islamiste détenus dans des prisons de la sous-ré-gion, en Mauritanie et au Niger précisé-ment. Si la Mauritanie n'a pas démenti cette information, le Niger par contre, par la voix du ministre de la Justice, a catégoriquement nié détenir un quelconque militant du groupe terroriste dans ses geôles, à plus forte raison envisager sa libération. Au-delà de la polémi-que engagée autour de cette question, c'est davantage l'entreprenariat très pro-noncé du Burkina Faso et de son prési-dent sur ce terrain dangereux qui suscite aujourd'hui beaucoup d'interrogations.
On sait que les pays occidentaux sont foncièrement hostiles à tout paiement de rançon dans le cadre des prises d'otages perpétrées par les groupes terroristes, qui sont présentés comme des pestiférés infréquentables. Mais apparemment les autorités burkinabè ne s'encombrent pas ces con-sidérations et entretiennent un commerce florissant avec lesdits groupes mafieux à travers leur implication active dans les libérations qui interviennent. De la même manière que les terroristes captent des fonds importants dans cette activité, de même les autori-tés burkinabè trouvent certainement aussi leur compte à travers les bons offices qu'elles offrent pour la libération des otages.
O. Issa
Commentaire(s) :
0
|