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CRISE AU SEIN DE LA HALCIA Le vice-président souffle le chaud et le froid
Le vice-président de la Haute auto-rité de lutte contre la corruption et les pratiques assimilées (HALCIA) a déposé une lettre de démission de son poste. Mahamane Hamissou a décidé de jeter l'éponge, la semaine dernière, à cause des divergences de vue qui l'opposent à certains membres de la structure, mais aussi du constat qu'il aurait fait que les autorités de la 7e République n'ont pas la volonté de faire l'assainissement an-noncé.
Il dit aussi avoir mal digéré des propos tenus par le directeur de cabinet du président de la République, lors d'une rencontre des membres de la HALCIA avec celui-ci, par rapport notamment à la crise au sein de la structure. A l'issue de cette rencontre au cours de laquelle Hamissou a demandé à être déchargé de ses fonctions, il a estimé que les remontrances du directeur de cabinet le visaient personnellement.
Le directeur de cabinet lui aurait ex-pliqué qu'une démission ne se fait pas de cette façon et que les membres de l'institution devraient plutôt se faire violence pour travailler en harmonie pour l'atteinte des résultats attendus d'eux. Mieux, qu'il y a des procédures à respecter dans le cadre de la saisine du président de la République mais aussi du traitement et du dépôt des dossiers traités. Massaoudou Hassoumi et les membres de la HALCIA se sont séparés après cette mise au point. Et c'est par la suite, a-t-on appris que le Vice prési-dent de l'institution a introduit sa lettre de démission au président de la Répu-blique qui serait restée sans réponse de source digne de foi.
A-t-il reconsidéré sa position ou maintient-il sa décision de quitter la barque ? Dans la lettre de démission qu'il a adressée au président Issoufou, Mahamane Hamissou a énuméré un certain nombre de dossiers ficelés dont le traitement fait l'objet de blocage comme celui relatif à la gestion du Hadj 2010-2011 ; le Programme spécial de l'ancien président Tandja ou encore un dossier portant sur des marchés d'achat d'engrais octroyés par la Centrale d'approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA) ?
Au nombre toujours de ces dossiers dont le traitement tient beaucoup à cœur au vice-président de la HALCIA, il y aussi celui portant sur le processus de privatisation de l'Hôtel Gawèye ; celui relatif à la gestion des cartes grises, permis de conduire et autres comptes non dé-clarés au ministère des Transports ; celui relatif à la gestion du Conseil consultatif national (CCN) de la dernière transition militaire et ceux relatifs à la gestion des frais de contraventions à la police nationale et à la gestion des magasins sous-douane.
Comme on peut aisément le constater en parcourant la liste des dossiers, Hamissou ratisse large. Reste à savoir si ce sont des affaires dont la Haute auto-rité a été saisie ou bien c'est lui-même, en tant que vice président de l'Institution, qui a décidé de s'autosaisir de ces dossiers.
En créant la HALCIA dont la mission principale est d'appuyer les autorités de la 7e République dans la lutte contre la corruption et l'impunité qui a été engagée, le président Issoufou a cru devoir bien faire. Mais beaucoup de Nigériens à l'époque déjà s'étaient interrogés sur la pertinence d'une telle Institution, qui veut apparemment empiéter aujourd'hui sur les prérogatives des institutions traditionnelles de lutte contre ces fléaux, comme la justice ou même la direction du contentieux de l'Etat, qui fait un travail remarquable dans la discrétion la plus totale.
O. Issa
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