| jeudi 16 avril 2009 |
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FACE À LA MENACE "TAZARTCHISTE" Le PNDS renoue avec l’opposition
Cela fait presque deux ans que le parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya) ne s’est pas pro-noncé sur des questions d’importance nationale. Pour ne pas perturber la stabi-lité des institutions, clament ses dirigeants, le parti s’est fondu dans une position attentiste sur toutes les questions qui engagent le pays. Le conflit fratricide, qui a fait des morts tant dans les rangs des militaires que des rebelles et des populations civiles de la région d’Agadez, fait rage, le PNDS s’aligne plutôt sur la position va t-en guerre du gouvernement. Des conflits intercommunautaires endeuillent des populations ici et là, le PNDS a préféré observer. La vie est plus que jamais chère, l’école publique en déliques-cence, frôlant l’année blanche, l’accès aux soins pose problème…, l’opposition ne fait rien pour ne pas troubler la stabilité politique retrouvée.
Pourtant, la vocation de toute opposition c’est de travailler à servir de contre-pouvoir, pour décourager les abus et dé-bordements des gouvernants et protéger les intérêts supérieurs des citoyens. Durant les deux dernières années, l’opinion publique a reproché au PNDS Tarayya son inertie. Certains y ont même vu un signe de ce que les syndicalistes appellent « participation responsable ». Les rencontres mensuelles entre Tandja et Issoufou ont créé une sorte de proximité entre les deux hommes, au point où l’on pense que le dernier ne veut rien entreprendre pour gêner les autorités en place.
Le 12 avril dernier, le comité exécutif national du PNDS a publié une déclara-tion pour annoncer qu’il se mettra en ordre de bataille contre le mouvement Tazartché. Ce faisant, le PNDS, qui a dormi ces deux dernières années, renoue avec l’opposition, c’est-à-dire son rôle de contre-pouvoir. Mais pour qu’il tienne le cap, il faut qu’il arrête d’entretenir des discours et actes ambivalents, ou d’aller de gauche à droite. Le tout communicationnel que développe actuellement la direction du parti, de façon subite, est ruineux, pour elle. Ce d’autant que la constance dans les idées et les principes qui fait la grandeur des politiques, n’est pas à l’ordre du jour. Si le PNDS était resté fidèle à sa ligne de conduite de départ, il ne serait pas là aujourd’hui entrain de chercher ses marques, pour déconstruire le Tazartché, une entreprise anticonstitutionnelle, qui, de toute évidence, est vouée à l’échec.
Pour sa part, le président Tandja a émis le vœu de continuer à présider aux destinées du pays. Dans le même temps, il a annoncé solennellement de ne pas violer la Constitution et son serment confessionnel. Il a pris cet engagement devant le peuple nigérien et le président Sarkozy, en visite, en fin mars dernier à Niamey. Peut-on parler d’empressement incom-préhensible de la part du PNDS, un parti qui a beaucoup misé sur le soutien du président Tandja pour accéder aux manettes du pouvoir ?
Du reste, ce n’est pas Dan Dubaï qui peut amener le président Tandja à violer son serment, ou les Nigériens à s’engager dans la voie périlleuse du Tazartché. Car aussi longtemps que de tels individus, sortis de nulle part, comme Dan Du-baï, vont s’occuper de la politique, il est clair que le Niger ne profitera pas des fruits d’une vraie démocratie. Oumarou Keïta
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