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vendredi 13 novembre 2009 - cferme -

SITUATION AGRICOLE DANS LE SAHEL Des perspectives difficiles
   Ce qui a caractérisé le plus la saison des pluies de cette année, ce sont les inondations survenues dans plusieurs pays notamment le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, le Mali. Elles se sont soldées par des pertes en vies humaines, de destructions de superficies cultivées et d’importants dégâts matériels. Ces inondations ajoutées aux attaques d’ennemis des cultures (pucerons, chenilles, oiseaux, sauteriaux) amenuisent la production agricole.

C’est pour faire le point des perspectives agricoles et alimentaires au Sahel et en Afrique de l’ouest qu’une réunion de concertation technique s’est tenue du 4 au 6 novembre derniers à Accra (Ghana). Son objectif est d’établir les bilans céréaliers et alimentaires en 2008/2009 et prévisionnels pour la période 2009/2010 dans les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et du Comité inter Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss). La réunion a relevé le caractère hétérogène du démarrage de l’hivernage : des pluies tardives avec des épisodes secs par ci, relativement précoces et sans interruptions significatives au cours de la campagne par là, en quantités importantes et bien reparties ailleurs. Cette situation a son revers notamment sur le plan hydrologique au Sahel, où on note une baisse des niveaux d’eau comparativement à l’année dernière, à l’exception des zones comme le Burkina, le Cap Vert, la Gambie qui ont enregistré de fortes précipitations en septembre. Conséquence : le taux de remplissage des points d’eau est faible et le tapis herbacé médiocre. Ce qui se traduit par une situation pastorale difficile sinon critique au Niger, au nord-est du Mali, dans une partie du Burkina, au Tchad et au centre-nord de la Mauritanie. Au Niger, par exemple, les autorités du ministère de l’élevage et des industries animales ont recommandé aux éleveurs le déstockage de leurs animaux en raison du déficit fourrager enregistré dans le pays.

Il y a déjà quelques temps que les animaux ont commencé à descendre vers le sud, à la recherche des pâturages. Souvent, cette descente précoce des animaux donne lieu à des conflits entre agriculteurs et éleveurs qui se soldent par de nombreuses pertes en vies humaines et en bétail. Il y a alors lieu que l’Etat prenne des dispositions pour contrer de telles velléités.

Le bilan dressé fait ressortir des baisses de productions céréalières par rapport à l’année dernière. Elles se situent au Tchad à 34 %, au Niger à 26 %, en Mauritanie à 24 %, au Burkina Faso à 10 %, au Cap vert à 8 %. Conséquemment, des baisses de la production rizicole en Mauritanie, au Niger et au Tchad. Par contre, la production de maïs est en hausse de 11 % par rapport à l’année dernière, à l’exception du Burkina, du Cap Vert et du Tchad.

La réunion de concertation d’Accra a formulé des recommandations pour que la Mauritanie maintienne en alerte ses équipes de prospection et de lutte antiacridienne ; pour le Mali, le Niger et le Tchad, ils doivent mener des opérations de prospection. A tous les pays, il faut renforcer les appuis aux cultures de contre saison. Les pays et organisations intergouvernementales sont invités à favoriser la libre circulation intra et inter pays des produits alimentaires. Il est aussi recommandé aux dispositifs nationaux de prévention et d’alerte de conduire des évaluations sur les dégâts causés par les inondations et les épisodes de sécheresse afin de fournir des informations complètes aux acteurs (gouvernements, partenaires, société civile) pour l’aide à la décision, et aux systèmes régionaux d’information (Cilss, Fao, Fews Net) de faire une évaluation conjointe de la situation alimentaire et nutritionnelle et le suivi des marchés.

Au Cilss, plus précisément, on doit accélérer la mise en place du réseau des sociétés/offices pour la gestion des stocks nationaux de sécurité alimentaire.

O. Keïta

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